« Les Guerres invisibles » de Marina Lisa Komiya remporte le Prix étudiant Inalco pour le manga 2026

4 juin 2026
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Les lauréats de la 9ᵉ édition du Prix Émile Guimet de littérature asiatique ont été dévoilés ce mercredi 3 juin lors d'une cérémonie organisée au musée Guimet. Le prix étudiant Inalco pour le manga a été attribué à Marina Lisa Komiya « Les Guerres invisibles » (tome 1, éditions Casterman) par un jury de cinq étudiantes de l'Inalco. Elles ont également décerné un Prix coup de cœur à Inuhiko Doronoda pour « Promenons-nous dans l’espace » (tome 1, éditions Glénat).
Marina Lisa Komiya sur scène avec son interprète ; Laure Adler, présidente du jury du Prix Émile Guimet de littérature asiatique ; Nina Clément et Erell Lucas, membres du jury Inalco
Marina Lisa Komiya sur scène avec son interprète ; Laure Adler, présidente du jury du Prix Émile Guimet de littérature asiatique ; Nina Clément et Erell Lucas, membres du jury Inalco © Thibaut Chapotot‎
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Delphine Allès, vice-présidente de l'Inalco, présente l'institut et le Prix étudiant Inalco pour le manga Marina Lisa Komiya, la traductrice Anaïs Koechlin et l'éditeur Wladimir Labaere avec les membres du jury Inalco Marina Lisa Komiya, lauréate du Prix Inalco pour le manga 2026
Delphine Allès, vice-présidente de l'Inalco, présente l'institut et le Prix étudiant Inalco pour le manga © Thibaut Chapotot / Marina Lisa Komiya, la traductrice Anaïs Koechlin et l'éditeur Wladimir Labaere avec les membres du jury Inalco © Thibaut Chapotot / Marina Lisa Komiya, lauréate du Prix Inalco pour le manga 2026 © Thibaut Chapotot ‎‎

Le Prix Emile Guimet de littérature asiatique

Lancé par le musée Guimet en 2017, le Prix Émile Guimet de littérature asiatique distingue l’œuvre originale d’un auteur ou d’une autrice originaire d’Asie, récemment traduite et éditée en France. Il vise à promouvoir la littérature asiatique contemporaine et à encourager les échanges culturels entre l’Asie et la France. Depuis 2024, outre la catégorie Roman créée en 2017, le Prix Émile Guimet de littérature asiatique couronne également un ouvrage dans la catégorie Bande dessinée. Depuis 2025, le musée Guimet s’associe à l’Inalco pour créer le Prix étudiant Inalco pour le manga. Ce prix distingue un manga d’auteur, édité au Japon et traduit en français.

La catégorie manga

Le Prix étudiant Inalco pour le manga distingue un manga édité au Japon et traduit en français, ainsi qu'une distinction coup de cœur. Ce prix souhaite récompenser une voix et un regard constituant un apport significatif à la bande dessinée japonaise, tout en contribuant à la promotion du manga d'auteur et à faire découvrir ce vaste univers en France.

Son jury est composé de cinq étudiantes et étudiants de l'Inalco issus de différents départements d'études.

Palmarès de la 9e édition

🏆 Prix du roman : « Salamalecs » d'Antonythasan Jesuthasan, traduit du tamoul par Léticia Ibanez (éditions Zulma).
🏆 Prix de la bande dessinée : « Les légendes des steppes » d'Ajnai, traduit du chinois par Daphné Huang (éditions Paquet).
🏆 Prix étudiant Inalco pour le manga : « Les Guerres invisibles », tome 1 de Marina Lisa Komiya, traduit du japonais par Anaïs Koechlin (éditions Casterman).

« Les Guerres invisibles » récompensé par le Prix étudiant Inalco pour le manga

Parmi les 8 mangas sélectionnés, les étudiantes ont choisi de récompenser « Les Guerres invisibles », tome 1 de Marina Lisa Komiya, traduit du japonais par Anaïs Koechlin et publié aux éditions Casterman (collection Sakka).

Laudatio du jury

Le jury a choisi de récompenser une œuvre singulière par son traitement narratif et graphique. « Les guerres invisibles » aborde les conflits contemporains sous un angle à la fois humain, politique et intimiste. Le rythme est maîtrisé et les métaphores imagées servent avec justesse la complexité des émotions. La place des femmes et des minorités dans un Japon d'après-guerre invite le lecteur à questionner le monde qui l’entoure et le devoir de mémoire qui nous concerne tous. Les guerres ne se terminent pas à l'armistice et c'est bien ce que nous rappelle le titre de l'œuvre.

Résumé

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un Tokyo en ruines et occupé par l’armée américaine, l’heure est à la survie et à la reconstruction. Mais pour certains, forcés de taire qui ils ou elles sont, les combats font toujours rage.
Drame intime et flamboyant, « Les Guerres invisibles », ce sont celles que mènent quatre personnes discriminées pour leur nationalité, leur orientation sexuelle, leurs origines ou leur identité. Du Japon aux États-Unis, elles se rencontrent, s’aiment, se perdent et s’attendent dans les replis de l’histoire.

Portrait de Marina Lisa Komiya
Portrait de Marina Lisa Komiya © Thibaut Chapotot ‎

Artiste non binaire, de culture nippo-américaine, Marina Lisa Komiya est né·e en 1992 aux États-Unis et vit au Japon. Iel est diplômé·e de la prestigieuse Université d’art et de design Joshibi. Les thématiques queer sont au cœur de son travail. Iel les explore à travers de multiples supports : installations, vidéos, performances et mangas. « Les Guerres invisibles » a été distingué au Japon dans l’édition 2025 du classement annuel de référence Kono Manga ga sugoi.

Couverture du tome 1 de « Les Guerres invisibles »
Couverture du tome 1 de « Les Guerres invisibles » © 2024 Marina Lisa Komiya / LEED Publishing Co., Ltd.‎

En amont de la cérémonie de remise des prix, quatre étudiantes du jury ont eu l'opportunité de bénéficier d'un moment privilégié avec Marina Lisa Komiya pour échanger autour de l'œuvre primée, en présence de sa traductrice Anaïs Koechlin, également alumna de l'Inalco, de l'éditeur Wladimir Labaere, en charge de la collection Sakka des éditions Casterman, et de Caroline Alexandre, traductrice-interprète.

Les étudiantes ont présenté leurs parcours respectifs, partagé leurs impressions sur le manga lauréat et échangé avec son auteur·rice. Elles ont également interrogé Wladimir Labaere et Anaïs Koechkin sur le marché du manga en France ainsi que sur les métiers de l’édition et de la traduction dans ce secteur.

Rencontre entre les étudiantes du jury Inalco et Marina Lisa Komiya
Rencontre entre les étudiantes du jury Inalco et Marina Lisa Komiya © Thibaut Chapotot ‎‎

Coup de cœur du jury

Les cinq membres du jury ont également souhaité attribuer un « coup de cœur » au tome 1 du manga « Promenons nous dans l’espace » d'Inuhiko Doronoda (éditions Glénat), traduit du japonais par Karine Rupp Stanko.

Laudatio du jury

Ce manga met en scène des lycéens (Keisuke Uno et Yamato Kobayashi) en apparence opposés, mais qui partagent des difficultés similaires dans leur vie quotidienne. À travers leurs parcours, le récit aborde des thèmes tels que la différence, la compréhension de soi et des autres ainsi que la tolérance. Le jury a voulu récompenser une œuvre d'une douceur rare : la neurodiversité y est montrée sans être nommée et sans cliché. L'amitié masculine qui s'y tisse est tendre et libérée de toute masculinité toxique. Avec la légèreté d'un manga tranche de vie, l'œuvre offre une belle représentation pour ceux qui ne se sentent peut-être pas toujours à leur place.

Résumé

En difficulté scolaire depuis des années, Yamato Kobayashi se donne des airs de mauvais garçon et enchaîne les petits boulots en dehors des heures de cours, sans jamais tenir sur la durée. Jusqu’au jour où Keisuke Uno est transféré dans sa classe…
Pris de panique lorsqu’on lui parle avec trop d’insistance, incapable de faire plusieurs choses à la fois, ce lycéen pas comme les autres peine à gérer les aspects les plus “normaux” de la vie quotidienne, mais il s’accroche grâce à une multitude d’astuces qui lui permettent d’avancer. Kobayashi, qui se reconnaît en Uno, tente alors de suivre son exemple… pour essayer d’avancer avec ses propres difficultés.

Inuhiko Doronoda est une mangaka japonaise. Elle est lauréate du prix Manga Taishô 2024 et du prix Kono Manga ga Sugoi 2025 pour sa première série de mangas « Promenons-nous dans l’espace », lancée au Japon en 2023 sur le site &Sofa des éditions Kôdansha.

Couverture du tome 1 de « Promenons nous dans l’espace »
Couverture du tome 1 de « Promenons nous dans l’espace » © Inuhiko Doronoda / Kōdansha Ltd.‎