Séminaires et Journées d'études - LACNAD

Vue panoramique
Marrakech, 2013. © ©D.Merolla‎
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Séminaires et Journées d'études - LACNAD

L'équipe d'accueil Langues et Cultures du Nord de l’Afrique et Diasporas (EA 4092) a pour mission l’étude des langues et cultures locales du Nord de l’Afrique (domaines berbère, arabe maghrébin et judéo-maghrébin), dans leurs localisations originelles comme en diasporas, notamment en Méditerranée occidentale et en Europe. Les travaux de ses membres s’inscrivent dans les domaines de la linguistique, de la sociolinguistique, de la littérature et de la culture (anthropologie culturelle, histoire, sociologie culturelle, arts).

Année universitaire 2025-2026 

Séminaire du Lacnad 

Maison de Recherche, 2 rue de Lille, 10h - 12h 

 

Contact : Voir l'e-mail

 

12 novembre Miloud Taïfi (Sidi Mohamed Ben Abdallah, Fès) et Patrice Pognan (PU émérite, INALCO), "Dictionnaire raisonné berbère - français. Parlers du Maroc. Consultation en ligne par l'intermédiaire du français", Maison de Recherche,  Salle de Sacy (2e étage)

10 décembre  Mourad Yelles (PU émérite, INALCO), "La consécration littéraire en Algérie. Eléments d'analyse du système des prix" , Maison de Recherche, Salle L2.06.

4 février  Aghray Ahmed (Docteur, INALCO), Ce que chleuh doit à l'arabe"  Maison de Recherche, Salle LO.06  Annulé

11 mars Menel Zeggar (doctorante, INALCO) "Mémoire et traumatisme. La décennie noire algérienne dans le cinéma (1994-2019)" Maison de Recherche, Salle LO.01

1 avril  Driss Rabih (Docteur INALCO) , "Tasḥqqirt « métaphore jeteuse » : du Verbe au pouvoir du Verbe", Maison de Recherche, Salle LO.01

6 mai Amar Ameziane (Docteur, INALCO), "Documenter la poésie orale villageoise du recueil à l'édition : retour sur une expérience" Maison de Recherche, Salle LO.01


 

Journées du LACNAD 2026  

Langues et Cultures du Nord de l’Afrique et Diasporas

(EA 4092)

 Mercredi 10, Jeudi 11, Vendredi 12 juin 2026

 INALCO,  Institut National des Langues et Civilisations Orientales 

Maison de la Recherche, 2 rue de Lille, Paris

 

L'équipe LACNAD, dont la mission est l'étude des langues et cultures d'Afrique du Nord dans leurs localisations d'origine comme dans les diasporas, organise deux journées consacrées à la présentation de ses recherches actuelles.

Ces journées visent à mettre en valeur l'interaction entre les chercheurs - membres titulaires, émérites, associés et doctorants - afin de faire connaître nos thématiques scientifiques et de développer un dialogue national et international sur les langues et cultures de nos domaines. Les journées seront organisées autour des thèmes indiqués ci-dessous.

 

Programme de la première journée

Mercredi 10 juin

Maison de la Recherche, 2 rue de Lille, Auditorium

 

 

9h15 : Accueil
9h30-9h45 Mots de bienvenue et présentation de La Lettre du LACNAD

Panel 1 : Dialectologie et morphosyntaxe

9h45-10h15 : Dynamique d’intégration linguistique des arabismes dans les textes judéo-espagnols de Ksar el Kebir (1948-1951), Amal Abdelati (Doctorante, LACNAD-INALCO)

10h15 -10h45 : Origine et contextes d'usage du pronom yāna en arabe maghrébin de première couche, Alessia D’Accardio-Berlinguer (AMU, associée LACNAD-INALCO)

10h45 -11h15 : S’amuser pendant le Ramadan : vie paysanne, disputes familiales et stéréotypes linguistiques, Jacopo Falchetta (U. Bergamo, associé LACNAD-INALCO)

11h15–11h45 : Pause

11h45-12h15 :   Proposition d'un système de numération global pour le kabyle (et pour le berbère ?), Kamal Nait Zerad (PU, LACNAD-INALCO)

12h15-12h45 : Les aspects pratiques de l’enseignement du tamazight en contexte plurilingue en Algérie : enjeux sociolinguistiques et didactiques auprès d’un public arabophone, Koussaila Alik (Doctorant, LACNAD-INALCO)

12h45-14h30 : Pause déjeuner libre

Panel 2 : Espaces de création, évolution des pratiques : porosité des frontières et interdisciplinarité (1)

14h30-15h00 : Nouvelles orientations de recherche dans le domaine des études littéraires berbères (amazigh), Daniela Merolla (PU, LACNAD-INALCO) 

15h00-15h30 : Ahwach au féminin dans l’Anti-Atlas, transformations d’une expression artistique dans une société en transformation, Mohamed Ouchtaine (Docteur EHESS, associé LACNAD-INALCO)

15h30-16h00 : De quelques formes d'hétérolinguisme dans la littérature et les arts amazighs (kabyles) contemporains, Amar Ameziane (Docteur INALCO, associé LACNAD-INALCO)

16h00-16h30 : Les lamentations en arabe et en berbère. Anthropologie du rite funèbre, Farida Aït Ferroukh (MCF-HDR, LACNAD-INALCO) & Amel Dernane (Masterante, INALCO)

16h30 -16h45 : Pause

 

16h45 – 19h15 Projection du nouveau film documentaire « RESSACS - une histoire touarègue » et rencontre avec le réalisateur Intagrist el Ansari

 

 

Programme de la seconde journée

Jeudi 11 juin

Maison de la Recherche, 2 rue de Lille, salle de Sacy

 

9h30 : Accueil

Panel 3 : Espaces de création, évolution des pratiques : porosité des frontières et interdisciplinarité (2)

9h45 – 10h15 : Plurilinguisme et traduction : deux aspects de la littérature médiévale européenne qui ont perduré dans la poésie hébraïque jusqu’à l’époque contemporaine, Sarah Hassan (Doctorante, LACNAD-INALCO)

10h15 -10h45 : The Universal Quest in the Kabyle Folk tales and the Fantasy works of Tolkien and Rowling, Nassima Terki (Université M'hamed Bougara, Boumerdès)

10h45 -11h15 : Aux origines du roman algérien ? L’histoire du génie de l’Aïdour, Yelles Mourad (PU émérite, LACNAD-INALCO) 

11h15 – 11h30 : Pause

Panel 4 : Nouvelles pratiques et nouvelles enquêtes (médias, Internet)

11h30-12h00 : La « tradition » entre folklorisation et ré-enracinement. Agentivités et économies morales des femmes dans les villages de Kabylie, Margherita Rasulo (Doctorante LACNAD-INALCO en cotutelle avec l’Université de Naples L’Orientale ; ATER U. Toulouse Jean Jaurès) 

12h00-12h30 : Cyber-activism and Political Discourse in Amazigh Online Journalism: Multilingual Practices in Le Matin d’Algérie and Tangalt, Hamza Amarouche (Doctorant, LACNAD-INALCO)

12h30-13h00 : La darija à l’école marocaine : analyse de la violence discursive et de la résistance sociale dans l’espace numérique, Lahcen Sikour (Doctorant, LACNAD-INALCO)

13h00-14h45 : Pause déjeuner libre

Panel 5 : Nouvelles recherches sur la Libye

14h45-15h15 : La Libye en mouvement : nouvelles pistes de recherche et coopérations scientifiques, Maria Di Tolla (PU L’Orientale, associée LACNAD)

15h15-15h45 : Libye 2011 : guerre et revitalisation de la langue amazighe, Masin Ferkal (Docteur, LACNAD-INALCO)

15h45-16h15 : Le plurilinguisme des acteurs sociaux amazighs libyens, Samyra Labaïed (Doctorante, LACNAD-INALCO)

16h15-16h30 : Pause

16h30-17h00 : L’arabe libyen et la catégorie « médiale » des démonstratifs en arabe, Christophe Pereira (PU, LACNAD-INALCO), Hawa Ras Ali (Docteure, LACNAD-INALCO) & Ángeles Vicente (PU, Université de Saragosse, associée LACNAD).

17h00-17h30 :À propos de l’édition et de la publication posthume du manuscrit inachevé de Philippe Marçais, Parlers Arabes du Fezzân, Dominique Caubet (PU émérite d’arabe maghrébin, LACNAD-INALCO)

17h30-18h : Les arts tripolitains en 1925 : un état des lieux par Prosper Ricard (1874-1952), Habiba Aoudia (Docteur, associée LACNAD-INALCO)

 

18h : Cocktail

 

 

Programme de la troisième journée

Vendredi 12 juin

Maison de la Recherche, 2 rue de Lille, salle de Sacy

 

9h30 : Accueil

Panel 6 : Normes au Nord de l'Afrique et en diaspora : standardisation, canonisation, patrimonialisation

9h45-10h15 :  La performance du poète oral : le cas de l’afṣiḥ kabyle, Abdelhak Lahlou (Docteur EHESS, associé LACNAD-INALCO)

10h15-10h45 : Pratiques, représentations et normes de parenté en Kabylie contemporaine. Permanences et recompositions Mohand Anaris (MCF, LACNAD-INALCO)

10h45-11h00 : Pause

Panel 7 : Dialectologie et morphosyntaxe

11h00-11h30 : Typologie des processus de focalisation à travers quelques parlers amaziɣ (berbère) dans une perspective comparative, Ourida Manseri (doctorante, LACNAD-INALCO)

11h30-12h00 : Les auxiliaires verbaux en berbère : variation et grammaticalisation, Ourida Ait Mimoune (docteure, LACNAD-INALCO)

12h00-12h30 : Univers de croyance et évaluation du degré en tachelhit, Ahmed Aghray (Docteur, associé LACNAD-INALCO)

 

12h30-13h00 : Discussion finale, présidée par Daniela Merolla

 

Informations pratiques

 

Lien Zoom pour les trois journées : https://zoom.us/j/97899462281?pwd=VTHVB8mDHcAB6dWctmT9y48D3b1gb3.1

 

Suggestions pour les pauses déjeuner :

CROUS Restaurant & Cafétéria des Saints-Pères, Adresse : 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris

CROUS Cafétéria de Sciences Po (Saint-Guillaume), Adresse : 27 rue Saint-Guillaume, 75006 Paris


 

 

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Panels
Panel 1 et Panel 7 : Dialectologie et morphosyntaxe

Les darijas maghrébines ont traditionnellement été classées selon des critères écolinguistiques, i.e. des classifications confrontant les parlers préhilaliens sédentaires, citadins et villageois, de la première vague d’arabisation (initiée au 7e siècle), aux parlers bédouins nomades de la deuxième vague d’arabisation (initiée au 11e siècle) ; ou ethno-sectaires, i.e. des classifications opposant les parlers des locuteurs musulmans à ceux des locuteurs juifs (Cantineau 1936-1941 ; Colin 1945 ; Marçais 1950 ; Marçais 1957). Récemment, plusieurs travaux remettent en cause ces classifications (dont Bettega & Morano 2022), notamment car ces dernières reposent sur des isoglosses phonologiques, morphologiques et lexicales et quasiment pas sur la variation affectant la morphosyntaxe, le sémantisme et la prosodie, qui restent les parents pauvres des études de linguistique arabe.

 

Ce panel consistera à présenter des études de dialectologie arabe et berbère, ainsi que des travaux décrivant des spécificités morphosyntaxiques, sémantiques voire prosodiques, dans une perspective comparative et typologique (entre variétés d’arabe et / ou de berbère). Fournir des données qui alimenteront les catégories les moins décrites de la linguistique arabe et berbère comblera un tant soit peu le vide laissé par le manque d’études morphosyntaxiques, sémantiques et prosodiques, mais aussi de participer aux débats en cours sur les classifications dialectologiques traditionnelles. Plusieurs axes sont envisagés :

  1. Décrire et comparer les systèmes aspecto-temporels et modaux
  2. Décrire et comparer les auxiliaires et les particules verbales
  3. Décrire et comparer les systèmes hypothétiques
  4. Décrire et comparer les systèmes d’accord

 

Panel 2 et 3 : Espaces de création, évolution des pratiques : porosité des frontières et interdisciplinarité

Les genres de la création artistique nord-africaine ont toujours fait l'objet d'une pluralité de disciplines, étant à la fois matériaux pour les études linguistiques et objets primaires de recherche pour une multiplicité d'approches littéraires et anthropologiques (sémiotiques, structurelles, narratologiques, postcoloniales...). Au cours de ces dernières décennies, le dialogue entre les disciplines s'est intensifié et les études se sont caractérisées par leur interdisciplinarité croissante. Dans le même temps, les travaux ont montré que les frontières entre les différentes langues et les genres littéraires/artistiques sont beaucoup moins rigides qu'on ne l'imaginait et qu'on ne l'avait théorisé auparavant dans les contextes nord africains et en diaspora.

Cette session des Journées du LACNAD 2022 consistera à présenter quelques-unes des recherches qui ont trait à la création littéraire orale et écrite, à la musique et aux arts visuels dans la perspective des axes de recherche du LACNAD (linguistique, études des littératures et des arts visuels, anthropologie et histoire). Nous proposons aux chercheurs et au public d’explorer la « porosité des frontières » des objets d’étude, tout en posant la question des approches interdisciplinaires pratiquées. On peut penser à plusieurs axes de réflexion que l'on définira comme suit, sans pour autant s’y limiter :

  1. Création aux frontières des langues dans les contextes multilingues du Nord de l’Afrique : emprunts, influences, hybridations et résistances.
  2. Constitution et transgression des genres littéraires à l’oral et à l’écrit.
  3. Frontières et porosités sociolinguistiques, identitaires, littéraires (etc.) de la diaspora et de l’exil.
  4. Féminité, masculinité et autres ‘genres’ dans les pratiques sociolinguistiques et dans les créations artistiques et littéraires orales et écrites du Nord de l’Afrique.
  5. Au-delà des frontières dans la théorie littéraire : réflexions sur les espaces et les champs littéraires.

 

Panel 4 : Nouvelles pratiques et nouvelles enquêtes (médias, Internet)

En un siècle, les méthodes de recueil de données linguistiques, dialectologiques, ethnographiques, littéraires, etc., ont considérablement évolué : de la notation sous la dictée à la transcription d’enregistrements spontanés recueillis in situ directement auprès des locuteurs, au flot ininterrompu de données dans les vernaculaires arabes et berbères sur les réseaux sociaux et dans les autres médias. En effet, les passages à l’écrit en amazigh et dans les darijas se sont particulièrement accrus depuis l’apparition des textos et ils se sont largement développés sur les réseaux sociaux de type Facebook, Messenger, Instagram, etc. Parallèlement, on assiste à l’utilisation de plus en plus importante des langues vernaculaires dans les émissions de radios et de télévision, mais aussi dans le cinéma, le roman et dans la production littéraire orale et écrite en ligne et hors ligne, mettant à la disposition des chercheurs des quantités énormes et actualisées de données linguistiques et littéraires. Cela a favorisé l’émergence de nouvelles pratiques et de nouveaux terrains « délocalisés » (en ligne, à la télévision et à la radio, dans le roman, la chanson, le cinéma etc.), et a entraîné l’émergence de nouvelles méthodes d’enquête. Dans le contexte actuel, entre les conflits et les vagues de pandémie, les pays du Nord de l’Afrique et les locuteurs en diaspora sont difficilement accessibles et ces corpus audiovisuels et écrits sont de plus en plus exploités. Ces nouvelles pratiques et ces nouvelles méthodes d’enquêtes soulèvent un certain nombre de questions. Plusieurs axes sont envisagés :

  1. Les effets de la non-institutionnalisation et de l’institutionnalisation partielle (ou inachevée) sur l’orthographe des écrits créatifs sur le Net : quel est leur relation avec le caractère multimédia du Net, la mémoire historique, le discours politique, l’engagement identitaire… ?
  2. Les genres oraux en ligne (contes, proverbes, chansons…) et la réception de l’ « oralité médiatisée » entre audio, vidéo, et écriture.
  3. La production et la diffusion des ‘nouveaux’ genres (rap, rock, théâtre populaire, romans, nouvelles, films …) sur le Net : les avantages et les limites de la création en ligne.
  4. La créativité du langage quotidien des nouvelles littéracies et la porosité des genres en ligne : des passerelles entre les genres littéraires et les genres « para-littéraires » ?
  5. L’utilisation de ces corpus « délocalisés » pour la description linguistique, la sociolinguistique et la dialectologie de l’arabe et du berbère.
 
Panel 5 : Nouvelles recherches sur la Libye

Enfin, un cinquième panel est consacré aux Nouvelles recherches sur la Libye, dans une perspective résolument interdisciplinaire. Il accueillera des communications relevant de la linguistique, de l’histoire, de la littérature, de l’archéologie, de la sociologie ou d’autres champs connexes. Une attention particulière sera portée aux études portant sur l’amazigh et l’arabe dialectal, tant dans leurs dimensions historiques que contemporaines. Ce panel vise à favoriser le dialogue entre approches et corpus encore peu explorés.

 

Panel 6 : Normes au Nord de l'Afrique et en diaspora : standardisation, canonisation, patrimonialisation. Pratiques, enjeux et approches pluridisciplinaires.

Pourquoi choisir de centrer la problématique de ce panel autour de la notion de « normes » (au pluriel) ? Une des réponses possibles - et qui pourrait dessiner une première piste de réflexion - serait que, du fait de leur histoire, les sociétés nord-africaines ont longtemps été vue comme des sociétés corsetées par des « normes » particulièrement rigides et théoriquement intangibles. Il est clair par ailleurs qu’en Afrique du nord, le contexte politique et idéologique a largement contribué à biaiser l’interprétation du système de normes que la théorie « occidentale » (mais aussi souvent « indigène ») a pu formaliser relativement aux sociétés colonisées.

En matière de « canons littéraires », on observe de nombreuses contradictions pour ce qui relève des pratiques pédagogiques, par exemple. Pour s’en convaincre, et dans le cas algérien, il n’y a qu’à mentionner le cas de Mouloud Feraoun ou de Mohammed Dib - pour la production « francophone » ou encore celui de la production relevant de la tradition orale. Dans chacun de ces cas, les directives et instructions officielles aboutissent soit à occulter tout un pan de la production littéraire (au nom d’un « purisme » linguistique et d’un refus de toute forme d’expression « régionaliste »), soit à censurer l’œuvre d’un auteur au nom des valeurs et des normes étatiques (qu’il s’agisse d’ailleurs d’auteurs « francophones » ou « arabophones »). Dans ces conditions, la « canonisation » de tel auteur ou de telle production plutôt que d’autres relève de l’arbitraire d’Etat et de diktats idéologiques bien éloignés de la prolifération et de la richesse des productions effectivement en circulation. Qu’en est-il à présent des nouvelles formes de productions littéraires post-coloniales (en tamazight, par exemple) ? Quelles « normes » peuvent-elles leur être appliquées, par qui et dans quelles conditions ?

Dans le domaine linguistique, la question de la « norme » se situe au cœur de la doctrine étatique puisque les pays d’Afrique du nord, une fois indépendants, ont tous opté pour l’arabe littéral / standard moderne comme langue officielle de l’Etat, reléguant dans la marginalité, voire l’invisibilité, les autres langues de ces pays. Or, pour l’observateur attentif, l’extraordinaire diversité des pratiques et les innombrables formes de « détournements », de jeux et de « bricolages » sociolinguistiques sautent aux yeux. Depuis quelques années, à la suite des combats menés par les défenseurs de tamazight, on constate néanmoins des avancées remarquables dans la prise en charge (pédagogiques, artistiques, etc.) des « métissages » linguistiques nord-africains. Signe que la déconstruction des

« normes » imposées est bien en cours … Mais avec de nouvelles difficultés. Nous en voulons pour preuve la question de la « standardisation » et des « critères » (pour ne pas parler de « normes ») à prendre en compte pour assurer une meilleure diffusion des langues nord africaines (tamazight et ses variantes, arabe maghrébin et ses variantes). Quelques pistes à discuter :

  1. « Normes » et représentations identitaires.
  2. « Normes » et transmission des modèles.
  3. « Normes » et études de genre (gender studies).
  4. « Normes » et fabrique du « récit national ».
  5. « Normes » entre le local, le national et le global

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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