Yoruba

Le terme yorùbá, probablement venu du pays haoussa, apparaît au 19e siècle et ne désignait alors que la région des Ọ̀yọ́. Plus tard, il sera utilisé pour faire référence à la fois à un territoire, un peuple, une langue. Le pays yorùbá était constitué de royaumes indépendants ou semi-indépendants et de Cités-État correspondant à des identités linguistiques. On ne peut donc parler d’une langue yorùbá, mais d’un continuum dialectal différencié. Hormis cette différenciation linguistique et l’absence d’un terme commun de référence, cet espace yorùbá partage grand nombre de traits culturels et linguistiques (mythes fondateurs, système de croyances, organisation socio-politiques, genres littéraires, etc.). Preuve en est, un yorùbá standard fondé sur les parlers Ọ̀yọ́ et Ẹ̀gbá s’est développé au fil du temps : enseigné à l’école, utilisé dans les médias, employé dans la littérature, ce standard est compris par l’ensemble des groupes constitutifs du pays actuel.

On estime aujourd’hui le nombre de locuteurs à plus de vingt-cinq millions. Outre le sud-ouest du Nigeria où se trouve Ilé-Ifẹ̀, ville de la création selon le mythe, on trouve des royaumes et des communautés yorùbá respectivement au Bénin et au Togo.

Le yorùbá, une des trois langues nationales du Nigeria, appartient au groupe kwa (qui s’étend sur toute la zone côtière de l’Afrique de l’ouest) de la famille Niger-Congo. Il importe de mentionner la trace profonde laissée par les Yorùbá au Brésil, à Cuba et dans toutes les Caraïbes par le biais notamment de la religion. Les très belles « terra cotta », les fameux bronzes d’Ifẹ̀ attestent de l’extraordinaire créativité des Yorùbá prolongée dans le présent par leur littérature abondante, en yorùbá ou en anglais, (Amos Tutuola ou Wolé Soyinka prix Nobel de littérature), par leur musique (Fela), et par leur influence grandissante dans le « Nouveau Monde».