Maya (langues maya)

Sociétés vivantes, diverses et mobiles, à la fois enracinées dans la tradition et exposées à la mondialisation, chargées d'un passé d' interculturation aussi bien avec les conquérants espagnols qu'avec les sociétés voisines mayas et non mayas méso-américaines, les communautés mayas s'ancrent dans des milieux écologiques différents, à partir d'histoires contrastées et avec des relations diverses aux cultures mayas précolombiennes et à la modernité.

Les Mayas vivent actuellement au sud du Mexique, au Guatemala − où ils forment la majorité de la population − ainsi qu’au Belize

Les langues maya

De plus d’une trentaine de langues mayas connues pour l’époque de la conquête, seules 29 sont encore parlées par près de 6 millions de locuteurs, dont une partie est monolingue. La vitalité de ces langues est fort contrastée: alors que près de 800 000 personnes s’expriment quotidiennement en maya yucatèque et près de 400 000 en maya tseltal, les langues enseignées à l’Inalco, d’autres langues telles que l’itza’ et le tz‘utujil sont dans des situations d’extrême fragilité. Les situations intermédiaires sont multiples.

Les langues de la famille maya, que l’on fait remonter à 4500 ans environ, ont divergé et évolué chacune à leur façon au fil des siècles. Il n’existe pas d’intercompréhension entre la plupart d’entre elles, mais elles partagent la majorité de leurs racines lexicales et de nombreux traits grammaticaux et phonologiques communs. De ce fait, l’apprentissage d’une de ces langues, associé tel qu’il l’est dans le cursus de l’Inalco, à une mise en perspective comparative, grâce à une langue d’une branche différente et aux cours de grammaire comparée, offrent un accès réel, pratique et analytique à toutes les langues de la famille. Les langues enseignées relèvent de deux branches majeures de la famille (Yucatecan et Tseltalan) et sont représentatives de l’opposition géographique, linguistique et culturelle entre hautes et basses terres mayas. Les langues sont envisagées à partir des pratiques communicatives, quotidiennes, plus formelles, ou rituelles, et leur apprentissage sont ainsi également l’occasion d’une riche introduction à la culture.

La diversité des langues et dialectes qui caractérise la famille maya est rare au regard de la taille et du continu du territoire maya, concentré sur 340 000 m2 de hautes et basses terres, au nord de l'Amérique centrale. La localisation des groupes mayas sur cette aire n’a cependant jamais été stable. Les Mayas ont connu depuis des siècles d’importantes migrations internes et externes, produits, le plus souvent, d'événements dramatiques mais aussi facteurs de nouveaux contacts et d’influences entre langues. Récemment, des centaines de milliers de mayas de diverses origines ont fui du Guatemala au Mexique, quitté le Chiapas pour la péninsule du Yucatan, migré des zones rurales vers les grands centres urbains et touristiques, depuis Cancún jusqu'aux Etats Unis (où l’on compte à l’heure actuelle près de 250 000 locuteurs de langues mayas). Les enseignements en dialectologie, sociolinguistique, milieu naturel et société archéologie, et anthropologie, solidement ancrés l’analyse de cas concrets, offrent aux étudiants un panorama de la mosaïque de situations, et des clés de compréhension de ces dynamiques culturelles et linguistiques.

La civilisation maya

La civilisation maya est connue pour ses sites monumentaux, mais aussi pour avoir développé, depuis environ 400 avant J-C jusqu'au XVIIe siècle (lorsque les Espagnols finirent de définitivement soumettre la totalité du territoire), un système graphique que l'on considère comme étant l'écriture la plus performante de l'Amérique précolombienne, tant par son mode sophistiqué de transcription de la langue que par l’importance de son corpus sur supports très variés (monuments, objets, codex…).

Le déchiffrement de l'écriture maya, toujours en cours, a connu récemment de spectaculaires avancées, mettant en lumière la combinaison complexe de logogrammes ("signes-mots/concepts") et de phonogrammes (de valeur syllabique) que présente cette écriture. Du millier de signes répertoriés, un peu plus de 200 logogrammes et environ 150 phonogrammes ont, de nos jours, été sérieusement déchiffrés : la translittération et lecture de nombreuses inscriptions connues est dorénavant possible. Le déchiffrage des textes glyphiques est ainsi devenu un élément incontournable de la recherche sur les états anciens des langues mayas, à présent reconnu par les locuteurs comme étant une racine essentielle de leur identité, ainsi que sur l'histoire ancienne de leur peuple.

Apprendre le maya

Le cursus de l’Inalco associe les enseignements indispensable à la compréhension de l’écriture maya : pour son lien avec la langue, au déchiffrement proprement dit s’ajoutent les cours de  d’épigraphie et de linguistique et ceux de langues et grammaire comparée ; pour la contextualisation des inscriptions, les cours d’archéologie où s’étudient les cités et sociétés préhispaniques; pour la compréhension des genres écrits,  les cours de tradition orale et écrite et ceux d’ethnohistoire, où sont analysés les caractéristiques formelles, les contenus et les fonctions des genres de la littérature maya et de l’oralité à travers les siècles et les diverses langues.

A partir de l'année universitaire 2017/2018, les diplômes d'établissement de maya et de Nahuatl sont remplacés par un Diplôme de Langue et Civilisation de Mésoamérique, reconnu et agréé par l’Etat. Ce dernier s’organise sur un cursus de deux années d’études, axées sur l’acquisition de connaissances et de compétences relatives aux langues et cultures mayas.

Le Diplôme de Langue et Civilisation de Mésoamérique de l'Inalco offre ainsi une formation interdisciplinaire unique au niveau européen permettant de comprendre les phénomènes linguistiques et culturels dans leur évolution, à partir de disciplines variées : enseignement de deux langues mayas approfondies, linguistique, épigraphie et archéologie, pour la période précoloniale, ethnohistoire, anthropologie et pour les périodes moderne et contemporaine. La relation entre milieu naturel et société est également objet d’étude.

Les enseignements sont en étroite relation avec la recherche mayaniste qui se fait au sein du Groupe d’enseignement et de recherche sur les Mayas et la Mésoamérique, où collaborent des enseignants et chercheurs de différents laboratoires CNRS et universités (LESC, ArchAm, SeDyl, ...), et des étudiants avancés. Le GERM est basé à la Maison de l'archéologie et de l'ethnologie (MAE) à l’Université Paris Ouest Nanterre, où se trouve également le Fond Maya (bibliothèque Eric de Dampierre), une riche source documentaire ouverte à tous les étudiants en maya de l’Inalco.