Malgache

Enseigné à l’Inalco depuis 1898 (Alfred Durand), le malgache a connu un développement extraordinaire depuis 1980 (Pierre Vérin). En 1930, il n’y avait que 13 étudiants ; en 1998, l’on en compte 200, de la première année au doctorat. À l’heure actuelle, l’Inalco est le seul établissement universitaire en France, en Europe et dans le monde (sauf Madagascar) à offrir un enseignement complet (licence, master) portant sur la langue, la littérature et la civilisation malgaches.

Le malgache est la langue de Madagascar et d’un certain nombre d’habitants de l’île de Mayotte. Il existe de nombreux dialectes, mais c’est le parler de l’Imerina (région de Tananarive) qui a été choisi comme langue officielle, en raison d’une longue tradition d’écriture remontant à la première moitié du XIXe siècle. Au milieu des années 1970, le gouvernement s’efforçait de tenir compte de tous les parlers malgaches pour édifier une langue commune (malagasy iombonana ou malgache commun).

Le malgache se rattache à la famille linguistique austronésienne comme l’indonésien, le tagalog et le tahitien. Il a emprunté au sanscrit, à l’arabe et a reçu un apport lexical important de la famille bantou (swahili, makhwa, comorien…) et, récemment, des langues européennes (anglais, français). Cette langue a d’abord été notée en caractères arabes, ce qui a donné une littérature écrite dite arabico-malgache ou sorabe, non négligeable, avant d’être transcrite en caractères latins.

La littérature malgache comporte deux volets : la littérature orale, dont un des genres, le hain-teny, a été publié et traduit remarquablement par Jean Paulhan ; la littérature moderne (en malgache et en français), née au début du XXe siècle, est représentée par des auteurs de grand talent, comme Ny Avana Ramanantoanina, Jean Joseph Rabearivelo, Jacques Rabemananjara…

Les études à l’Inalco reposent sur la connaissance du malgache officiel classique, sur la littérature écrite et sur la littérature orale des Hautes Terres et des provinces côtières. La philologie et l’arabico-malgache reçoivent aussi une certaine attention. Dès la première année, les études malgaches sont associées aux études sur les îles de l’océan Indien occidental, en particulier sur les Comores.