Cham

Cham brahmaniste du Centre Vietnam lors de la fête du Katé

Le cham

La langue chame (également écrite căm en translittération savante) est un parler austronésien de l’actuel Vietnam. Les Chams se sont installés dans le centre du Vietnam autour de l’ère chrétienne. De ce grand pays qui s’étendait du nord de l’actuelle province de Quảng Bình jusqu’au sud de Phan Thiết, il ne reste aujourd’hui qu’une communauté de moins de 100 000 individus disséminés dans les provinces actuelles de Ninh Thuận et de Bình Thuận, ainsi que dans la province de Châu Ðốc, dans la partie sud-ouest du Vietnam.

Des groupes de Chams se sont réfugiés par vagues successives au Cambodge à partir du XVsiècle. Cette population s’y est mêlée aux populations d’origine malaise et compte plus de 200 000 individus. Une petite partie de ces réfugiés est allée jusqu’au Siam (actuelle Thaïlande). Un grand nombre de Chams du Cambodge (environ 50 000 personnes) a quitté ce pays en 1975 et s’est réfugié dans l’État de Kelantan, en Malaisie.

À l’époque actuelle, les Chams du Vietnam et du Cambodge savent encore parler leur langue, mais ce sont principalement les Chams du Vietnam qui connaissent encore l’écriture et peuvent lire les textes de leur littérature. Ceux du Cambodge connaissant encore leur écriture traditionnelle sont très peu nombreux. L’alphabet des Chams est originaire de l’Inde et apparaît dans les inscriptions autour du Ve siècle de notre ère. Il est utilisé pour des inscriptions en langue sanskrite comme en langue chame. Les textes inscrits se trouvent jusqu’au XIIIsiècle. Ils sont rédigés en cham ancien.

Les Chams d’aujourd’hui ne savent plus déchiffrer l’écriture des anciennes inscriptions. À partir du XVe siècle, les textes manuscrits sont rédigés en cham moyen et avec une écriture cursive qui s’éloigne fortement de celle des inscriptions sur pierre. Puis à partir du XIXe siècle, les textes sont rédigés en cham moderne et il existe une translittération romanisée du cham employée par les chercheurs occidentaux. On a plusieurs types d’écriture selon le pays dans lequel les Chams écrivent et selon le type de texte (profane ou sacré). L’histoire de la diaspora des Chams à partir du XVe siècle fait que des différences importantes sont survenues entre le parler des Chams du Vietnam et celui des Chams du Cambodge. On peut considérer qu’il existe actuellement deux dialectes chams. Les règles grammaticales sont approximativement les mêmes, mais les différences sont notables dans l’écriture, la prononciation et le vocabulaire (avec des emprunts au vietnamien d’un côté et au khmer de l’autre).

La langue chame appartient au fonds austronésien comme celles d’une partie des minorités des Hauts Plateaux du Vietnam : jaraï, rhadé, raglaï, chru. Ces minorités faisaient d’ailleurs partie du pays cham autrefois. Des ruines de tours chames se trouvent encore en pays jaraï et les Raglaï sont dépositaires et gardiens des trésors des rois chams.

L’INALCO propose un cours d’initiation à la culture et la langue chames dans le cadre d’une compréhension plus élargie de l’histoire de l’Asie du Sud-Est continentale. Pour connaître les années d’ouverture à l’enseignement d’une telle initiation, se renseigner auprès du secrétariat du Département Asie du Sud-Est et Pacifique.

• Chargée de cours : Mme Anne-Valérie SCHWEYER.

Brochure des enseignements de sciences humaines et sociales 2016-2017 (brochure du 14 septembre 2016, document non contractuel).

Secrétariat Asie du Sud-Est et Pacifique

• Mme Ibtissam HENNY, bureau 3.27 B, Pôle des langues et civilisations, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris.
Tél : 01 81 70 11 35.
Le secrétariat est ouvert au public : lundi, mercredi et vendredi de 13h30 à 16h30 & mardi et jeudi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h30.
Nicolas Weber