Bambara (Mandingue)

Le mandingue a commencé à se développer comme l’une des principales langues de l’Afrique occidentale à l’époque de la création de l’empire du Mali (vers le XIIIe siècle). De nos jours, on peut estimer le nombre de ses locuteurs (natifs et non-natifs) à un chiffre situé entre 30 et 40 millions. Le mandingue est un continuum de dialectes recouvrant de vastes territoires au Mali, en Guinée, au Burkina-Faso, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Gambie, en Guinée-Bissau, au Liberia et en Sierra-Leone. Dans cet ensemble, il s’est créé récemment quelques normes littéraires (se basant parfois sur des variantes parlées dans des capitales nationales ou régionales, parfois sur des variantes prestigieuses plus traditionnelles).

La variante normative la plus importante du mandingue est le bambara (bamanan), la langue la plus importante du Mali, souvent considéré par les habitants de ce pays comme « la langue malienne » par excellence. Le bambara s’est établi comme une langue distincte à l’époque du royaume de Ségou (XVIIIe-XIXe siècles). En dehors des quatre millions de Bambaras, il sert de langue véhiculaire à la grande majorité des autres Maliens. De plus, le bambara en tant que langue véhiculaire est parlé au Sénégal le long du chemin de fer Dakar-Bamako (notamment à Tambacounda) et dans les milieux de la diaspora malienne à travers le monde. Le bambara existe sous différentes formes. Il s'agit d’abord du « bambara standard » dont la base est la variante utilisée à Bamako (cette forme se répand de plus en plus dans l’ensemble du Mali). Puis, ce sont les dialectes locaux, parfois fort différents du « bambara standard ».

Le bambara est la langue principale enseignée dans la section mandingue de l’Inalco. C’est une langue à tons, de type isolant (donc ayant peu de morphologie), se caractérisant par une syntaxe très spéciale. Il possède une tradition épique vivante et très riche, une presse écrite et une littérature naissante. Les richesses de la langue bambara sont représentées dans le Corpus Bambara de Référence, http://cormand.huma-num.fr, élaboré par les enseignants et étudiants de l’Inalco en coopération avec des collègues d’autres pays et celui-ci est activement utilisé dans l’enseignement. Des cours de grammaire, de lecture de textes et de pratique orale sont offerts aux étudiants.

Le maninka (malinké) est l’une des principales langues de la Guinée ; d’autres formes de maninka sont parlées également à l’ouest du Mali, à l’est du Sénégal et au nord de la Côte d’Ivoire. Le maninka de Guinée a donné naissance à une autre variante normative du mandingue (largement basée sur le parler de Kankan) dont le moteur principal est l’écriture N’ko, inventée en 1949 par Solomana Kantè qui est devenu en même temps l’initiateur d’une littérature écrite et le créateur d’une langue littéraire. L’écriture N’ko (et la norme écrite basée sur le maninka de Kankan) se répand de plus en plus, avant tout en Guinée, mais aussi au Mali et dans les autres pays de la zone mandingue. Une initiation au maninka et au N’ko est offerte aux étudiants de niveau L3.

Le soninké (sarakolé) est une langue de la famille mandé dont la propagation est due à l’empire du Wagadou (le Ghana des voyageurs et géographes arabes), le plus ancien des grands empires de l’Afrique de l’Ouest. Cette langue est parlée par environ deux millions de locuteurs, à l’ouest du Mali, à l’est du Sénégal et de la Gambie, et au sud-est de la Mauritanie. Une importante diaspora de Soninkés existe à travers le monde, et notamment en France et en Côte d’Ivoire. Un cours d’initiation au soninké est offert aux étudiants de niveau L2, mais il peut aussi s’adresser à des étudiants d’autres niveaux.